Above your head from anoraak on Vimeo.
Les contes de faits
vendredi 9 juillet 2010
lundi 5 juillet 2010
Inventaire
L'été...
les douches, les festivals, les foins, le phare, les framboises, l'amour, le sel, les grillons, les grillades, les pieds nus, les bras nus, les moissonneuses, la crème, les petits-déjeuners à midi, la force, la peau tannée, l'instantané, le sable, l'ombre des ifs, les fraises, les jupes, les fenêtres ouvertes, les pierres chaudes, les soirs dehors, les tournesols, les orages, les amis, le cassis pressé, les serviettes dans le sac, les brocantes, la rosée, le rosé, l'océan, la salicorne, les chats qui s'étirent, les jours qui se prolongent, le temps qui s'étale...
les douches, les festivals, les foins, le phare, les framboises, l'amour, le sel, les grillons, les grillades, les pieds nus, les bras nus, les moissonneuses, la crème, les petits-déjeuners à midi, la force, la peau tannée, l'instantané, le sable, l'ombre des ifs, les fraises, les jupes, les fenêtres ouvertes, les pierres chaudes, les soirs dehors, les tournesols, les orages, les amis, le cassis pressé, les serviettes dans le sac, les brocantes, la rosée, le rosé, l'océan, la salicorne, les chats qui s'étirent, les jours qui se prolongent, le temps qui s'étale...
dimanche 27 juin 2010
Le club

Avant-hier, ma mère me disait : "Tiens, profite de ta dernière journée avec un 2 dans le chiffre des dizaines!"
Hihi, je plaisante. Après tout, qu'est-ce que ça change un 3?
Mais depuis la date-clé, jour de la mort du king de la pop, tout le monde se met à me parler d'un club. "Hey, bienvenue au club!", clin d'oeil à l'appui, smiley sur sms, ton plaisantin au téléphone. Au club de quoi, de qui?
On me dit aussi que dans ce club, on est à un tournant de sa vie, qu'on ne vieillit pas mais qu'on mûrit et que c'est pas rien quand même, un chiffre comme celui-là. On me recommande même de fêter ça dignement, et si possible d'inviter un maximum d'amis.
Et puis ma mère m'a donné la clé: "A trente ans, il y a trente ans exactement, j'étais à la maternité de Poitiers. J'avais ton âge." Surenchérissement du père: "Tu sais, tu as un bon boulot, mais il n'y a pas que ça dans la vie." Exemple à l'appui d'une amie, journaliste à Libé, célibataire et sans enfants. Toute seule, trop tard. D'accord, je viens de comprendre. Dans le club des trentenaires, il vaut mieux ne pas faire partie d'un deuxième club: celui des célibataires. La vieille-fillitude rôde messieurs-dames. De la pression au bar à la pression poussette, il n'y a qu'un chiffre!
lundi 3 mai 2010
mercredi 10 mars 2010
Le manque
Je me souviens...des petits moulins de bois posés dans les ruisseaux,
de ta main de presque grand frère qui prenait la mienne,
des morceaux de Saint-Nectaire partagés à l'arrière de la voiture. Tu avais le plus gros morceau, je le comprenais, parce que tu étais le plus grand.
de Pépite, Noah et de tous les chiens fauves qui frétillaient de joie du plus loin qu'ils te voyaient,
d'une virée à moto dans le Marais Poitevin,
de tes petites lunettes qui cachaient des yeux clairs, moqueurs et doux,
de nos discussions archi-jazzy,
de ta voix, que j'entendrai toujours,
de la tristesse de ne pas te voir aussi souvent que je l'aurais voulu...
Une nouvelle fois, j'écris pour un être cher. J'ai mis un peu de temps à me décider. Le temps de prendre un peu de recul, de domestiquer cette vive douleur et de me dire que je n'écrirai sûrement pas de message à la hauteur de ce que je ressens. Il n'y aura jamais de mots dans notre cher dictionnaire de la langue française permettant de décrire le vide laissé par un être que l'on aime.
Alors je préfère me souvenir des belles choses et suivre le mode d'emploi de la vie que tu m'as laissé Édouard.
Article 1 : vis et ne te retourne pas,
Article 2 : profite de chaque instant,
Article 3 : surmonte tes peurs et lance-toi, rien n'est impossible,
Article 4 : aime,
Article 5 : écris et partage.
mercredi 24 février 2010
Larmes de glace

Les fleurs ont une couleur d'anémone. Posées sur le bois froid dans le chœur de l'église. Les mains se serrent. Un papa, deux frères et une soeur. Il fait tellement froid ce matin. Des images tournent au milieu des chants sacrés. Elles resteront gravées. Sur le marbre, le nom d'une maman. Perdre une maman est insupportable. Fragile comme un chaton nouveau-né, elle est partie courir après les oiseaux qu'elle aimait.
Ce matin, une fille a enterré sa mère. La neige est tombée. Compacte et froide. Des larmes de glace sur la plaine qui se mêlent aux larmes chaudes des vivants.
En sortant de l'église, un vol d'oies sauvages a dessiné une lettre.
V
Victoire sur la douleur,
Vois comme je suis bien ici,
Vis ma fille, c'est ma plus belle philosophie...
lundi 8 février 2010
Blanche et froide
Ce matin, les rues sont recouvertes d’un tapis qui écrase tous les bruits. Dans la nuit, une chape de silence est tombée. Blanche et froide.
- La neige… manquait plus que ça, marmonne-t-elle dans son écharpe.
Les yeux encore lourds de sommeil, étourdis par la lumière, elle la regarde tomber quelques secondes, prend une profonde inspiration et se tourne vers lui.
- Bon tu comprends, on va pas s’attarder, on se dit au revoir comme ça.
- Comme ça oui…
Devant la porte de son immeuble, elle le serre dans ses bras quelques secondes, pose un baiser sur sa joue, se détache de lui et part de son côté. Elle sait qu’elle ne le reverra pas, elle se retourne une dernière fois pour imprimer une image de lui. Blond, manteau noir, cigarette. Une nouvelle image dans la boîte des souvenirs qui brassent le soir. Encore un qu’elle remercie maladroitement après quelques nuits et quelques caresses. Elle se dit ce matin que sa vie ne se résume qu’à une succession d’ex. Expédiée, exténuée, exsangue. Dans le ballet des amours fadasses, c’est sûr, elle est danseuse étoile. A chaque danse, elle perd un peu de lumière. Au début, comme à chaque fois, c’était bien. La découverte des corps, des chairs et des odeurs. Les moments où l’on se donne entièrement sans rien se promettre. Mais elle a rapidement su que celui-ci aussi, elle ne le garderait pas longtemps. La culpabilité lorsqu’elle voyait naître les sentiments de cet homme pour elle. Le dégoût d’elle-même, quand il la regardait amoureusement. L’amertume, lorsqu’il lui chuchotait des douceurs. Elle entre dans sa voiture, se dit que c’est dur, oui. Mais qu’elle a pris la bonne décision. Et qu’elle a bien fait de faire poser des pneus neige.
- La neige… manquait plus que ça, marmonne-t-elle dans son écharpe.
Les yeux encore lourds de sommeil, étourdis par la lumière, elle la regarde tomber quelques secondes, prend une profonde inspiration et se tourne vers lui.
- Bon tu comprends, on va pas s’attarder, on se dit au revoir comme ça.
- Comme ça oui…
Devant la porte de son immeuble, elle le serre dans ses bras quelques secondes, pose un baiser sur sa joue, se détache de lui et part de son côté. Elle sait qu’elle ne le reverra pas, elle se retourne une dernière fois pour imprimer une image de lui. Blond, manteau noir, cigarette. Une nouvelle image dans la boîte des souvenirs qui brassent le soir. Encore un qu’elle remercie maladroitement après quelques nuits et quelques caresses. Elle se dit ce matin que sa vie ne se résume qu’à une succession d’ex. Expédiée, exténuée, exsangue. Dans le ballet des amours fadasses, c’est sûr, elle est danseuse étoile. A chaque danse, elle perd un peu de lumière. Au début, comme à chaque fois, c’était bien. La découverte des corps, des chairs et des odeurs. Les moments où l’on se donne entièrement sans rien se promettre. Mais elle a rapidement su que celui-ci aussi, elle ne le garderait pas longtemps. La culpabilité lorsqu’elle voyait naître les sentiments de cet homme pour elle. Le dégoût d’elle-même, quand il la regardait amoureusement. L’amertume, lorsqu’il lui chuchotait des douceurs. Elle entre dans sa voiture, se dit que c’est dur, oui. Mais qu’elle a pris la bonne décision. Et qu’elle a bien fait de faire poser des pneus neige.
dimanche 6 décembre 2009
La voie D

Dimanche soir, gare de Lyon-Part Dieu. Les yeux s'attardent sur le panneau d'affichage. Paris, Marseille, Lille. Les villes et les voies défilent. Tout autour, des mains se serrent, des gorges aussi. Un militaire ressemble à une tortue avec son gros sac kaki sur le dos. Une jeune fille presse le pas, casque sur les oreilles et Cosmopolitain dans la main. Un couple s'enlace. Des promesses embuées. Des départs accélérés. Ma voie est enfin annoncée. Bourg-Saint-Maurice, voie G. Juste entre Paris, voie B et Rennes, voie D. Les lettres jaunes me donnent le tournis. Le brouhaha tout autour accentue la confusion. L'envie de partir monte. Je sens l'iode s'insinuer dans mes narines. Quitter les montagnes, retrouver l'ouest. La famille, la ligne droite de l'horizon, l'Océan. Et cette petite musique qui tourne dans ma tête. Si je partais moi aussi vers la voie D?
jeudi 12 novembre 2009
Au supermarché de la rencontre

- "Inscris toi sur ce site, alleeez, on va rigoler. On peut mettre des hommes dans des caddies et les reposer s'ils ne nous plaisent pas. Tu verras, c'est très marrant. Allez, inscris toi, on va faire une petite compette."
A celle qui accumulera le plus de points. Une visite, 5 points. Un "charme", 20 points. C'est plutôt marrant cette vision du site de rencontres. Un point de vue plutôt féminin, où les femmes pour une fois prennent les hommes pour leurs objets. Allez, je m'inscris. Profil, voila c'est fait. J'aime telle musique, tels bouquins. Ok. Une photo de moi. Oui sur celle-ci, je suis plutôt jolie.
Cinq minutes de recherche, j'affine mes critères. Un mec dans la région, oui. Entre 28 et 35 ans, voila. Clic sur "chercher", hop c'est parti.
- Oh, c'est pas vrai, y'a mon ex qui est inscrit!
- NoOOoon..!
- Attends, attends, il s'est connecté la dernière fois au moment où on était encore ensemble!
- Ooooh, c'est pas vrai!
- Ben si, attends, je vais aller voir sa fiche.
Mon profil:
un p'tit gars avec quelques défauts de fabrication, mais pas mal de qualité cachées... qui se révèlent dès la première utilisation
Ce qu'il cherche chez une femme :
une fille un peu rock'n'roll qui ne recherche pas le grand amour ou l'homme parfait ou de l'amour pour toujours, ou une ribambelle de marmots, un labrador et un Scenic pour aller patauger à La Grande Motte ou à la Baule...
Moi, je ne triche pas, je le dis tout simplement, je suis déjà en couple et je cherche une rocky prettty girl qui ne veut que du plaisir et du respect sans se poser de question...
- Connard...
A celle qui accumulera le plus de points. Une visite, 5 points. Un "charme", 20 points. C'est plutôt marrant cette vision du site de rencontres. Un point de vue plutôt féminin, où les femmes pour une fois prennent les hommes pour leurs objets. Allez, je m'inscris. Profil, voila c'est fait. J'aime telle musique, tels bouquins. Ok. Une photo de moi. Oui sur celle-ci, je suis plutôt jolie.
Cinq minutes de recherche, j'affine mes critères. Un mec dans la région, oui. Entre 28 et 35 ans, voila. Clic sur "chercher", hop c'est parti.
- Oh, c'est pas vrai, y'a mon ex qui est inscrit!
- NoOOoon..!
- Attends, attends, il s'est connecté la dernière fois au moment où on était encore ensemble!
- Ooooh, c'est pas vrai!
- Ben si, attends, je vais aller voir sa fiche.
Mon profil:
un p'tit gars avec quelques défauts de fabrication, mais pas mal de qualité cachées... qui se révèlent dès la première utilisation
Ce qu'il cherche chez une femme :
une fille un peu rock'n'roll qui ne recherche pas le grand amour ou l'homme parfait ou de l'amour pour toujours, ou une ribambelle de marmots, un labrador et un Scenic pour aller patauger à La Grande Motte ou à la Baule...
Moi, je ne triche pas, je le dis tout simplement, je suis déjà en couple et je cherche une rocky prettty girl qui ne veut que du plaisir et du respect sans se poser de question...
- Connard...
samedi 17 octobre 2009
Hunger

Une petite faim de musique. Je n'étais pas allée à un concert depuis bien longtemps. Depuis juillet, à Musilac. Pour ce retour en grâce, j'ai choisi Sophie Hunger. Une voix douce et brute, des mélodies qui me transportent directement dans le alpages du Valais. Sophie Hunger est une chanteuse suisse, accompagnée de bon zikos aux profil bien suisse-allemand. C'est carré, parfait, ça tourne tout seul. Et la sauce prend bien. Je me suis laissée embarquer jusqu'au final acoustique. Une fin en douceur pour que les oreilles puissent réapprendre à écouter.
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